Conférence « Pollution urbaine à Lyon »
Labo /
25/02/2014

Dans le cadre du Master 2 Risque et environnement, cohabilité par l’Université Lumière (Lyon2), l’université Jean Moulin (Lyon 3) et l’Ecole Centrale de Lyon, un groupe d’élèves a souhaité organiser une conférence sur le thème de la pollution atmosphérique urbaine. Trois intervenants ont ainsi été invités à s’exprimer sur ce thème le 25 février 2013 à l’Ecole Centrale Lyon : M. Eric Chaxel (coordinateur des plans et programmes au sein d’« Air Rhône-Alpes »), M. Lionel Soulhac (chercheur au laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique à l’Ecole Centrale Lyon) et M. Dana Loomis (chercheur au CIRC).
Cela a permis à l’audience d’approfondir les enjeux de la pollution urbaine, les outils pour la mesurer et la modéliser ainsi que son impact sur la santé. Un état des lieux des niveaux de polluants sur la région lyonnaise a été présenté, ainsi que la relation entre urbanisme et pollution et les mesures à prendre pour la réduire. Les phénomènes de transport des polluants ont été expliqués ainsi que les outils de modélisation existants. Enfin la méthode d’évaluation du CIRC et ses résultats en ce qui concerne le cancer du poumon ont été exposés.

Introduction des élèves

Durée: 6 minutes

Les élèves ont souhaité introduire la conférence en rappelant les impacts de la pollution atmosphérique sur la santé. La pollution atmosphérique a été classée en 2013 comme cancérigène par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) et serait reliée à 15% des cancers du poumon dans le monde. Cependant la pollution de l’air a un effet plus large sur la santé, en provoquant des troubles respiratoires ou des maladies cardiaques. Le projet Aphekom, étude réalisée sur 39 millions d’européens, a d’ailleurs conclu que les dépenses de santé annuelles dues à la pollution atmosphérique s’élevaient aux environs de 31,5 milliards d’euros et que celle-ci était responsable de 19 000 décès prématurés chaque année.

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Urbanisme et qualité de l’air

Durée: 16 minutes

Conférence in absentia. Cette intervention préparée par M. CHAXEL Éric, coordinateur des plans et programmes à « Air Rhône-Alpes », a été présentée par M. SOULHAC, car un empêchement de dernière minute ne lui a pas permis d’être présent à la conférence. La qualité de l’air à Lyon est préoccupante : les émissions de polluants sont importantes surtout au centre et en bordure des voiries de l’agglomération lyonnaise, comme pour la plupart des grandes villes européennes. Et les seuils réglementaires sont ainsi régulièrement dépassés. La surveillance de la qualité de l’air à Lyon est faite 24/h24 tout au long de l’année grâce à des stations de mesure, qui enregistrent les concentrations des polluants. Les relevés montrent que les concentrations de nombreux polluants ont tendance à diminuer (le dioxyde de soufre SO2, le monoxyde de carbone CO et le Benzène) : il s’agit principalement des polluants d’origine industrielle. Pour d’autres polluants comme le dioxyde d’azote, qui provient du trafic routier, les concentrations restent stables. Les villes sont un défi pour la maitrise de la pollution, car leur forte urbanisation conduit à un confinement des polluants et leur forte densité de population augmente le nombre de personnes exposées. Avant la loi sur l’air de 1996, la pollution de l’air n’était pas un enjeu pris en compte dans la logique des aménagements urbains, et les niveaux actuels de pollution en sont la conséquence. Aujourd’hui, les pouvoirs publics cherchent à réduire les émissions de polluants en ville et à concevoir un urbanisme respectueux de la santé.

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Modélisation de la pollution atmosphérique en milieu urbain

Durée: 45 minutes

M. Soulhac est chercheur au laboratoire de mécanique des fluides et d’acoustique à l’Ecole Centrale Lyon, il travaille depuis plus de 15 ans sur la modélisation de la pollution atmosphérique. Il a rappelé en introduction que la pollution de l’atmosphère pouvait correspondre à la pollution chronique mais aussi à celle causée par un accident industriel ou une attaque terroriste. La pollution atmosphérique est un phénomène qui a des conséquences sur la santé et l’environnement, à des échelles spatiales très diverses allant du globe à celle d’une rue. De plus, on observe une variété de mode d’actions : certains polluants présentent un risque pour la santé au-dessus d’un certain seuil alors que d’autres sont dangereux à faible concentration. Enfin les polluants passent dans la chaine alimentaire lorsqu’ils se déposent au sol entrainant une contamination des végétaux et de l’eau. M. Soulhac a ensuite explicité les modes de transport de la pollution, comme la convection et la diffusion, et a présenté l’influence des bâtiments, des conditions climatiques et des phénomènes chimiques. Devant l’impossibilité de mesurer à tout endroit les concentrations de polluants, il est nécessaire de modéliser ces phénomènes de transport. De plus, les modélisations permettent de réaliser des analyses prospectives, essentielles pour la prise de décision. Alimenté par des données sur les sources de pollution (trafic routier, industrie,…), les conditions météorologiques et la topographie, ces modèles de dispersion des polluants sont couplés à des modèles de transfert vers les chaines animales et végétales, afin de déterminer l’exposition des populations. Ils se basent sur la résolution numérique des équations de la mécanique des fluides. Grâce à de nombreux exemples, M. Soulhac éclaire ainsi les enjeux de la pollution atmosphérique et de sa modélisation.

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La relation entre pollution urbaine et cancer – focus sur Lyon

Durée: 25 minutes

La troisième intervention de la conférence a été faite par Dana Loomis, chercheur américain du Centre International de Recherche sur le Cancer. Sa présentation portait sur la relation entre la pollution de l’air et le développement de cancers chez l’homme. Après la présentation des sources de pollution atmosphérique (en particulier des particules fines PM2,5 et PM10) et de la méthode d’évaluation utilisée par le CIRC, l’intervenant a effectué une brève revue des résultats scientifiques en la matière. Les 14 études jugées comme les plus importantes par leur qualité indiquent que les particules PM2,5 et PM10 accroissent le risque de développement d’un cancer du poumon. L’augmentation de la morbidité serait ainsi de 10% tous les 10 µg/m3 de particules fines. Malgré l’absence d’études spécifiques récentes faites à Lyon, le risque de cancer du poumon serait augmenté de 18% par la pollution de l’air, étant donné que la concentration moyenne de particules fines est d’environ 20 µg/m3 (il s’agit de valeurs moyennes).

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Réalisation

Christian Dury, PI2A

Responsables scientifiques

Pietro Salizzoni, Philippe Polome

Intervenants

Lionel Soulhac, Dana Loomis

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